Mon plus gros espoir, ça serait de faire franchir de nouveaux paliers à Valenciennes, notamment sur la scène européenne. Le
problème, c’est que l’on sait toujours d’où on part, jamais jusqu’où l’on va aller.
Mon objectif essentiel est là : refaire un Final Four avec VO et, si possible, pouvoir être en mesure de l’emporter. Dans quel
délai cela sera possible ? cela reste à voir mais, l’important, c’est qu’il faut laisser du temps au temps.
On ne part pas complètement de Zéro, vu toute l’histoire qui entoure ce club, mais il faut que tout puisse se mettre en place,
sereinement, pour atteindre cet objectif.
Mes craintes sont, je crois, celles de tout coach de LFB : le manque de préparation de l’équipe après les compétitions
internationales, les blessures éventuelles, etc..
Je suis intimement persuadé, néanmoins, que le talent cumulé des joueuses peut contribuer à compenser ce manque de
préparation.
Passer après huit années de « règne » de Laurent BUFFARD, et dix sept titres glanés, n’est ce pas un défi
difficile à relever ?
Partout où l’on va, on passe toujours après quelqu’un et ce n’est jamais facile. A Mondeville, je suis arrivé après Igor GROUDINE,
une forte personnalité et ce n’était déjà pas facile, mais je pense pourtant avoir relevé ce défi.
En arrivant à Valenciennes, j’ai le souhait de faire aussi bien, si ce n’est mieux que Laurent, avec tout le respect et l’amitié
que j’ai pour lui.
Quand j’étais à Mondeville, j’éprouvais toujours une certaine frustration à perdre des matches de peu, comme face à VO, la saison
dernière, simplement par manque de moyens.
Ici, les moyens sont là et, en ne changeant rien à ma façon de faire, à ma façon d’aborder les choses, je devrais éviter ce genre
de frustrations. Je crois vraiment que ça va aller.
Le recrutement qui a été effectué allie à la fois qualité, jeunesse et expérience. En l’état actuel des choses,
est-ce que le groupe ainsi constitué te convient ?
Il est difficile de dire que ce groupe ne me convient pas, dans la mesure où j’ai choisi chacune des joueuses qui le
compose.
La seule contrainte que j’avais, c’était de m’en tenir au Budget qui m’était donné par le président : je lui soumettais les
noms, il négociait avec les agents et, si ça rentrait dans le budget, ça se signait et, à l’arrivée, toutes les joueuses que j’avais souhaité avoir seront présentes.
Maintenant, comme tu l’as dit, on va essayer d’allier expérience et jeunesse, mais aussi la force athlétique du groupe qui, s’il
n’est pas très grand, sera adroit, notamment avec Laurie KOEHN, qui a fait 44% de réussite à trois points cette saison, en Turquie, avec plus de deux cents tirs tentés ( !!), et pourra
courir vite.
Qu’attends-tu, par exemple, d’une joueuse comme Francesca ZARA qui,finalement, sera la plus âgée de
l’équipe ?
Francesca a de l’expérience, du leadership et du tempérament. Elle devrait être le starter du jeu rapide de l’équipe et, avec
Emilie GOMIS, elle formera un duo qui devrait faire très mal en championnat.
En plus, elle arrive ici avec une envie folle de jouer, après une saison plutôt frustrante au Spartak Moscou alors qu’avant, à Naples,
c’était la patronne. Cela devrait être tout bénéfice pour Valenciennes.
Le public du Hainaut est un public de connaisseurs, enthousiaste, mais qui peut également s’avérer exigeant, voire
impatient lorsque les résultats ne sont pas à la hauteur des attentes. Quel message souhaiterais-tu leur adresser, dans l’optique de la prochaine
saison ?
J’aimerai leur dire deux choses :
La première, c’est que j’ai toujours eu la volonté, partout où je suis passé, de vouloir donner leur chance aux jeunes car, à un
moment où à un autre, on aura toujours besoin des jeunes pour obtenir des résultats.
L’inconvénient c’est qu’au début, quand ces jeunes jouent, le niveau général du jeu peut baisser, mais elles ont absolument besoin
d’avoir du temps de jeu pour s’aguérrir.
A Mondeville, c’est comme cela que des jeunes comme Caroline AUBERT, Amélie POCHET où Ingrid TANQUERAY ont pu
éclore.
Je compte faire de même ici, et je compte sur un soutien encore plus intense du public, lorsque ces jeunes seront lancées dans le
grand bain.
La seconde, c’est que je connais l’enthousiasme du public, et c’est d’ailleurs l’une des raisons qui m’a amené ici. Je compte donc
sur un soutien aussi enthousiaste, dès les premiers matches de la saison.
Peux-tu déjà nous indiquer comment va s’articuler la préparation de l’équipe ? On a parlé d’un stage en
commun : qu’en est-il ?
La reprise de l’entraînement est programmée le 17 Septembre mais, à cette date, je ne disposerai que de quatre joueuses :
Sabrina REGHAISSA et les trois juniors, Sarah MICHEL, Camille AUBERT et Doriane TAHANE.
Le reste du groupe nous rejoindra le 10 Octobre, soit trois jours après la fin des championnats d’Europe, en
Italie.
Les 13 et 14 Octobre, nous disputerons un tournoi à Mondeville, avec Bourges, Mondeville, Clermont et VO.
Les 15 et 16 Octobre, les filles auront une coupure, avant de partir en stage du 17 au 21 Octobre inclus.
Durant ce stage, nous disputerons un match à Bourges le 20 Octobre, et un autre à Clermont le 21.
Le lieu du stage n’est pas encore arrêté définitivement, mais cela pourrait se faire du côté de Chartres, Vichy ou
Salbris.
Pour terminer, quelle aurait été la question que tu aurais aimé que je te pose et quelle aurait été ta
réponse ?
La question que tu aurais pu me poser, ça aurait pu être celle-ci : « Est ce que c’est le soleil naturel du Nord, où
celui présent dans le cœur des gens du Nord qui t’a attiré à Valenciennes ? » (rires)
En guise de réponse, je t’aurai dit que ce qui m’a attiré à Valenciennes, c’est surtout la volonté de passer un
cap.
En France, cela ne pouvait se faire qu’à Bourges, Montpellier ou Valenciennes.
L’opportunité de Valenciennes s’est présentée, et c’était logique que je la saisisse.
Quant au soleil du Nord, depuis que je suis ici, je trouve que, globalement, il n’y fait pas si mauvais que ce que l’on veut bien
dire et, au contraire, je trouve qu’il y fait plutôt beau !!!
Propos recueillis par Saulzoir le 7 Juin 2007 ( Crédit Photos: basquetebol.org )
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